INTERVIEW D'ALAYA MANSARD

Alaya Mansard est étudiant en deuxième année de Master Management des Risques industriels et environnementaux. Originaire de Tunisie, il est arrivé en France pour effectuer ce Master à l’IRIAF. En Tunisie, il a travaillé comme responsable sécurité au sein du groupement médecine du travail puis comme formateur au conseil d’apprentissage.
La Gazette : Avant de suivre le Master MRIE vous aviez déjà des expériences professionnelles, que vous a apporté ce Master ?
Alaya Mansard :
 Deux expériences longues.  L’an passé, j’ai effectué un stage de 6 mois à Annecy dans l’entreprise NTN-SNR Roulements. Cette année, je suis en alternance dans l’entreprise  DEYA à La Crêche. Bien sûr, ces deux expériences sont des terrains d’application des notions abordées à l’IRIAF. Lors de mon stage, j’ai travaillé sur une mise à jour du document unique. C’est ce sujet qui m’a permis de contractualiser avec l’entreprise où je suis actuellement.
L.G. : Alors vous travaillez toujours sur le même sujet dans une autre entreprise ?
A.M. : 
Non, les missions qui m’ont été confiées en tant qu’alternant sécurité sont plus variées. J’ai commencé par la mise à jour du document unique avec l’intégration des critères de pénibilité, sujet toujours d’actualité ! J’ai travaillé également sur la création d’un guide de la « sécurité risque professionnelle » et sa déclinaison en fiches pour chaque poste de travail. Celles-ci ont pour vocation à sensibiliser les opérateurs aux risques inhérents à leur poste de travail. Je fais aussi de la formation dans le cadre d’un dispositif qui s’appelle le  « ¼ d’heure sécurité au travail ». Cela a été initié par la direction et a lieu tous les mois. Par exemple, le dernier « ¼ d’heure » avait pour thème l’utilisation des équipements professionnels de sécurité. Je participe également à l’audit sécurité dans les deux usines du groupe. Toutes ces missions concourent à l’amélioration de la culture sécurité.
L.G. : Si vous aviez à citer trois points forts et trois points de faiblesse de votre alternance que diriez-vous ?
A.M. :
 Sur les forces, je cite la possibilité d’avoir pendant une formation une expérience réelle qui favorise l’intégration dans une entreprise. Je ne cache pas qu’un de mes objectifs à court terme est de m’intégrer dans une entreprise française et pourquoi pas celle de mon alternance. La deuxième force est liée à la diversité des productions et des matières utilisées par l’entreprise (bois, métaux…) qui me permet d’accroitre mes connaissances. Enfin, je cite comme force l’application quasi immédiate des notions abordées en cours. En termes de faiblesse, je n’en ai qu’une à citer : l’alternance ! Je m’explique durant la période alternée nous cumulons deux métiers : celui d’étudiant et celui de salarié. Si le métier de salarié ne déborde pas sur celui d’étudiant le contraire n’est pas vrai. Les activités de groupe, le travail sur de multiples projets nous conduisent à allonger nos journées de travail pendant nos temps en entreprise.
L.G. : Malgré cette difficulté citée par quasiment tous les alternants de l’Institut, y-a-t-il une chose que l’entreprise vous a permis d’acquérir en plus des éléments abordés en formation ?
A.M. : 
Oui le facteur humain. Nous avons une intervention abordant la psychologie du et au travail. Mais dans la réalité, la sécurité s’oppose souvent à des exigences de production. C’est souvent d’ailleurs une interprétation de l’opérateur plus qu’une injonction hiérarchique. Je suis rattaché à la direction HSE de l’entreprise elle-même rattachée à la direction et je participe régulièrement à des réunions. J’ai pu, ainsi, observer le comportement des acteurs et la place du facteur humain dans les processus de l’entreprise. Aucun cours ne remplace l’expérience en la matière.

Processus d’amélioration en continu

C’est officiel, le Conseil de Perfectionnement est une instance motrice des formations universitaires. L’IRIAF avait déjà instauré ce type de Conseil, maintenant il a une structuration normalisée pour chaque formation.
Le conseil de perfectionnement est composé de l’équipe pédagogique de la formation (le Master SARADS par exemple), des différents vacataires et professionnels intervenant dans cette formation, des délégués étudiants et, parfois, des tuteurs d’alternance. Ce conseil établit le bilan pédagogique de l’année écoulée à partie des enquêtes menées auprès des étudiants et des réunions de bilan semestriel. Il réalise également une analyse prospective de la formation. Fort de ces constats, il propose et valide des évolutions du contenu pédagogique. C’est également un lieu d’échange sur les pratiques pédagogiques, sur le lien formation/recherche et le développement à l’international.
A l’heure d’une nouvelle accréditation de nos formations (2018/2022), en se réunissant au moins une fois par an, on comprend aisément que son rôle est prépondérant et qu’il contribue au processus d’amélioration et d’adaptation en continu de nos formations.

"D'EST EN OUEST"

L’IRIAF est engagé depuis longtemps dans une politique d’ouverture de ses formations à l’international. Cette politique se décline par les actions suivantes :

  • Favoriser la mobilité des étudiants à l’international ;
  • Accueillir des étudiants internationaux qui souhaitent suivre nos formations ;
  • Favoriser les échanges internationaux sur les volets enseignement et recherche ;

Dans ce cadre, la filière Gestion des Risques encourage les initiatives individuelles des étudiants pour la mobilité sortante. En effet, nos étudiants sont invités à partir à l’étranger pour réaliser leur stage de fin d’année, que ce soit en Licence ou en Master. Depuis cette année les candidats à la mobilité peuvent bénéficier d’une bourse ERASMUS + pour un stage en Europe.
Les formations bénéficient également d’une importante mobilité entrante. En effet, sur l’année 2016-2017, 1/3 des étudiants proviennent de différents pays (principalement d’Afrique et d’Amérique de sud). Différents dispositifs ont été mis en place pour que l’accueil de ces étudiants se fasse dans les meilleures conditions. Ces actions se font en partenariat avec l’association étudiante Prev’risk et l’AURA (www.aura-niort.fr). Elles consistent, par exemple, à accueillir les étudiants à leur arrivée, à les aider sur le volet administratif (notamment à l’inscription), à leur faire découvrir la ville, la région et l’Université, éventuellement à les aider pour trouver un logement (voir Gazette de l’IRIAF n° 37). Cette année, ces dispositifs étaient ouverts à tous les étudiants étrangers qui en ont fait la demande.
Chaque année, entre 2 et 5 étudiants partent suivre un semestre à l’Université de Sherbrooke. Ce programme existe depuis 2006 et a concerné depuis sa création plus de 30 étudiants du Master Management des Risques Industriels et Environnementaux. Le même dispositif existe pour le Master Management des Risques des Systèmes d’Information dans lequel les étudiants peuvent partir valider un semestre à l’Université de Moncton (campus de Shippagan). Ce dernier partenariat fait l’objet d’un accord-cadre entre nos deux formations, à l’image du partenariat établi entre l’IRIAF et l’Université I. Cuza de Iasi en Roumanie pour le Master SARADS – Statistique et Actuariat.
Dans la même optique, nous développons actuellement des échanges sur les volets enseignement et soutien à la recherche avec deux autres universités : l’université d’Ulster (Irlande du Nord) et l’Université de Duy Tan (Vietnam). En effet, ces Universités développent des axes d’enseignement autour de la gestion des risques, qu’ils soient spécifiques comme à Ulster (risque incendie) ou généraux comme à Duy Tan (risques industriels ou environnementaux). Une étude prospective a été réalisée avec nos collègues des deux Universités afin d’étudier la faisabilité de créer des liens entre nos formations (comme par exemple la codiplomation) sur la base d’un Master en Gestion des Risques. Cette étude porte aussi sur le volet recherche et elle a d’ores et déjà permis d’initier une collaboration (accueil d’un stagiaire et projet recherche en cours). Pour l’Université d’Ulster, cette démarche devrait se concrétiser prochainement par une convention-cadre d’échange.
Sur les échanges de personnels, nous soutenons la mobilité sortante comme la participation à des congrès internationaux. Par exemple, 3 enseignants chercheurs participent cette année au congrès international IAFSS qui a lieu tous les 4 ans et qui regroupe les universitaires et les acteurs internationaux œuvrant dans le domaine du risque incendie. Nous soutenons également la mobilité entrante. La filière Gestion des Risques participe ainsi tous les ans à l’accueil de collègues internationaux, que ce soit sur le volet enseignement (un collègue de l’université de Moncton intervient depuis 8 ans dans l’un de nos masters) ou sur le volet soutien à la recherche.
Le développement des liens à l’international, axe important du développement de l’IRIAF, devrait donc se renforcer encore davantage dans les années à venir

ISSN 2110-5510

Directeur de publication Jean-Marc Bascans

Contact mail iriaf-com@univ-poitiers.fr


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