INTERVIEW D'ISRAËL KOUTEY

Israël KOUTEY est étudiant en première année de Master SARADS. Il est arrivé en France pour la rentrée du master en septembre 2015.
La gazette : Peux-tu nous raconter ton parcours avant de venir à Niort ?
Israël KOUTEY  : J’ai réalisé ma scolarité jusqu’au Bac dans une petite ville de Côte d’Ivoire et mon parcours universitaire à Abidjan à l’Institut Universitaire d’Abidjan (IUA). Cet institut propose une Licence en mathématique et statistique.
L.G. : C’est un institut privé ou public ?
I.K. : C’est un institut privé. Mon choix a été guidé par plusieurs contraintes. A l’issue de mon Bac, j’ai réussi un concours pour entrer en école publique pour devenir, à terme, enseignant en mathématique. Cependant, l’instabilité qui a suivi les élections, a conduit, entre autre, à l’invalidation de ces concours d’entrée. Les universités publiques sont restées fermées pendant plus d’un an ! Je ne pouvais pas attendre et j’ai choisi l’IUA qui propose ce parcours de Licence qui intègre quelques cours d’actuariat en 3ème année. Il faut aussi comprendre qu’en Côte d’Ivoire les résultats académiques conditionnent les formations dans lesquelles on peut s’inscrire ; ainsi aller vers un institut privé lève cette contrainte.

L.G. : Ensuite, comment en es-tu arrivé à faire une demande à l’IRIAF ?

I.K. : Dès la seconde année de Licence, nous avons accès à un concours qui peut permettre de venir étudier à l’ISFA (Lyon) ou bien continuer  à Rabat au Maroc  en mathématique appliquée. Personnellement, j’étais intéressé par les études à Rabat. Cependant le coût d’inscription était prohibitif et je n’ai pas pu aller au bout de cette démarche. Alors en contactant des anciens de l’IUA,  j’ai appris l’existence du Master SARADS. J’ai fait la demande via le Centre des Etudes en France (CEF). Et c’est ainsi que je me retrouve ici avec quelques camarades de formation d’Abidjan.

L.G. : Quels ont été tes premiers étonnements à ton arrivée à l’IRIAF ?

I.K. : Le bâtiment !  Sur le site internet, quand on regarde les photos, j’avais l’impression d’être sur un grand campus ! Cela a été ma première surprise. Mon premier réflexe a été de m’assurer de la qualité des salles de cours et d’informatique. Là, j’ai été tout de suite convaincu par l’équipement et la fonctionnalité. Le fait d’avoir à disposition toute la journée des salles ouvertes est très confortable. A tel point qu’au début quand j’avais un trou dans mon emploi du temps, je rentrai chez moi ; maintenant je reste systématiquement pour travailler les projets avec mes collègues. L’autre surprise, c’est l’emploi du temps : mes parents me l’ont demandé et je leur ai dit qu’il était difficile à expliquer. En effet, il s’étale de 8h00 à 20h00, avec des cours qui changent de semaine en semaine et/ou avec des modifications d’une journée sur l’autre. Ce n’était pas le cas à Abidjan !

L.G. : Malgré toutes ces différences que penses-tu de la formation que tu suis ?

I.K. : Elle me plait ! En premier lieu, le fait d’avoir autant d’intervenants professionnels me permet de comprendre à quoi les études que j’ai faites jusqu’à présent sont utiles. Par exemple, j’ai compris que la loi de probabilité de Poisson pouvait servir à modéliser les sinistres. En second lieu, le mode de raisonnement que l’on nous demande de mettre en œuvre est différent de celui que j’avais jusqu’à présent. Avant, je devais démontrer mathématiquement avec les lemmes, les théorèmes… Maintenant, je dois prouver que ça fonctionne sur des données très proches de la réalité. Je travaille avec beaucoup de groupes différents dans les projets que nous devons réaliser. Il me faut parfois admettre que je n’ai pas raison ! Mais cela m’apprend à convaincre quand je pense être dans le vrai.

L.G. : Quels sont tes objectifs à moyen et long terme ?

I.K. : Trouver un stage est essentiel. En discutant avec les anciens, le discours est le même. Ils me disent tous que les cours sont importants mais que le stage est incontournable. Comme je n’ai pas d’expérience significative dans le domaine de l’assurance, je dois être encore plus attentif pour trouver un stage dans une entreprise de ce secteur. Plus tard, oui, je pense retourner en Côte d’Ivoire. Mais avant je dois acquérir une vraie compétence en travaillant en France quelques années comme chargé d’études statistiques ou actuarielles.

Le parcours « risque assurance », une passerelle vers le Master...

Dès la rentrée 2016, en lien avec la Faculté de Sciences Economiques de Poitiers, l’IRIAF proposera un parcours « risque assurance » au sein de la mention Economie-Gestion, à destination des étudiants Bac+2 (DUT STID/GEA/informatique, Licence 2 mathématiques/MASS/Economie-gestion, CPGE, reprise d’étude…). Cette spécialisation dans la mesure du risque permettra une poursuite d’études vers les Masters en statistiques, économie ou gestion. Elle ouvrira aussi des débouchés professionnels immédiats vers, par exemple, des postes d’assistant statisticien, d’assistant de gestion ou d’agent de développement local. Pour le Pôle Universitaire de Niort, cette nouvelle spécialisation offrira, aux étudiants qui le souhaitent, la possibilité d’effectuer l’ensemble de leur cursus universitaire sur le territoire niortais. D’ores et déjà, souhaitons succès et longue vie à cette formation

Les néo-diplômés de 2015

Le vendredi 20 novembre 2015 s’est déroulée la cérémonie de remise des diplômes des promotions 2014-2015 de l’IRIAF. Cette année, cette soirée particulière a été organisée dans le cadre privilégié de l’auditorium du groupe MACIF à qui nous renouvelons nos remerciements.
Si l’IRIAF est une grande famille, c’est toujours avec une émotion particulière qu’anciens étudiants et membres de l’équipe de l’IRIAF se retrouvent. Les « que deviens tu ? », « où travailles-tu ? » font échos avec  les « alors cette rentrée ? », « et les nouveaux étudiants ? », « quels sont les nouveaux projets ? », et montrent l’attachement de chacun à l’autre.
Cette émotion était également perceptible dans le discours d’introduction de la présidente du conseil d’administration de l’IRIAF, Mme Catherine Sztal Kutas (Directrice de Calyxis), ainsi que dans les mots de conclusion du parrain de cette promotion 2014-2015, M. Jean Octave Dupont, Directeur général adjoint du groupe MACIF et président de l’association AURA, partenaire important et indispensable du Pôle Universitaire de Niort. Tous deux ont souligné les valeurs humaines fortes que doivent transmettre les Universitaires et posséder les diplômés.
La cérémonie de remise des diplômes est ainsi un moment de retrouvailles, d’échanges, de convivialité, mais aussi de réflexion et de prospective. En effet, dans la continuité des années passées, nous avons fait le choix d’associer à la cérémonie même de remise des diplômes, une table ronde sur un sujet d’actualité en lien avec la formation et les métiers visés par les diplômés de l’IRIAF.
Le thème choisi cette année était : « Innovation et Numérique – Innover pour se différencier », sujet d’actualité dans la révolution actuelle que nous vivons, par l’apport et le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, ainsi que par l’évolution des modes de travail.
Les questions associées à ce sujet sont nombreuses. Elles concernent par exemple : comment utiliser les nouveaux moyens numériques, le digital pour innover, comment innover, quelles sont les nouvelles méthodes de travail, quelles sont les attentes du monde socio-économique en ce sens… Et comment l’Université de Poitiers, l’IRIAF forment ses étudiants pour y répondre, quels sont les innovations pédagogiques utilisées.
Afin d’essayer de répondre à ces différentes interrogations, la table ronde réunissait Adrien Couret, Directeur général délégué stratégie, performances et risques du groupe MACIF, M. Eric Guillaume, Directeur Technique d’Efectis France et Thomas Rogaume, Directeur de l’IRIAF. Un grand merci à eux d’avoir répondu favorablement à notre invitation et pour la richesse de leur intervention. La table-ronde, animée de main de maitre par Vincent Beaulieu a également été le théâtre de débats et d’échanges avec les nombreux participants à cette cérémonie, étudiants, diplômés, parents mais aussi acteurs du monde socio-économique concernés par le sujet. Merci de votre présence.
Face aux attentes du monde professionnel soulignées par Adrien Couret et Eric Guillaume, les échanges ont été l’occasion de mettre en avant les nouveaux moyens pédagogiques mis en œuvre par l’IRIAF et le Pôle Universitaire de Niort, avec le développement de la Formation Ouverte à Distance, le projet BrainLab, espace partagé collaboratif numérique de travail, l’approche par compétences… Mais aussi de préciser les questionnements en cours dans le cadre de l’évaluation de l’offre actuelle de formation de l’Institut et des réflexions sur la prochaine offre de formation qui sera proposée à accréditation au ministère. Les nouvelles technologies ont été utilisées au cours de cette soirée, permettant l’intervention à distance d’Yves Jean, Président de l’Université de Poitiers, qui a pu suivre les échanges et a conclu cette table ronde en soulignant l’enjeu majeur de la formation et de l’Université afin de former des citoyens responsables, actifs et sujets de réflexion. Le Président a également mis en avant le lien indispensable entre recherche et enseignement et les dispositifs, tels que le centre de Ressources, d’Ingénierie et d’Initiatives Pédagogiques, mis en œuvre à l’Université pour nous accompagner et nous aider à évoluer dans nos pratiques pédagogiques et nos formations.
Si les échanges ont été riches et très instructifs, de nombreuses questions sont restées en suspens. N’hésitez pas à revivre cette table ronde sur notre site et à nous questionner, à prendre attache avec nous !
En lien avec le sujet de la table-ronde, les nouvelles technologies ont également été utilisées grâce au travail d’Alain Mousseau, Ingénieur d’Etudes à l’IRIAF, qui tout au long de la soirée, a permis une diffusion en directe de la soirée sur le site internet de l’IRIAF, et l’intervention en visioconférence du Président de l’Université et de diplômés éloignés de Niort, qui ont témoigné de leur parcours.
C’est alors une suite de visages radieux, souriants avec une pointe de fierté, qui sont venus récupérer le précieux sésame, leur diplôme. Maxime Bommé, un lauréat épanoui, diplômé du Master Management des Risques Industriels et Environnementaux a également été récompensé par l’association AURA pour le meilleur mémoire de stage de la filière Gestion des Risques.
Bref, c’est une soirée comme on aimerait en vivre plus souvent et que notre métier au sein de l’Université nous permet de partager avec le même enthousiasme chaque année.
Aux jeunes diplômés, nos partenaires de demain, nous souhaitons une carrière professionnelle épanouie et beaucoup de bonheur personnel. Nous avons le sentiment d’avoir fait le nécessaire et, en tout cas, le maximum pour cela. Vous allez au cours de votre parcours professionnel vous mettre en avant et à travers vous, c’est également l’IRIAF et l’Université de Poitiers qui seront mis en avant. Vous êtes nos ambassadeurs et nos meilleurs représentants. Bonne route et bon vent !
Nous sommes tous d’éternels apprenants et à ce titre, les moyens pédagogiques doivent évoluer pour s’adapter aux besoins et aux diverses situations que nous rencontrerons. Nous en sommes conscients et cette soirée a été l’occasion de montrer l’engagement constant de l’IRIAF et de l’Université de Poitiers en ce sens.

ISSN 2110-5510

Directeur de publication Jean-Marc Bascans

Contact mail iriaf-com@univ-poitiers.fr


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